PROJET D'APPUI A LA CAISSE RURALE
NONVISSI INITIEE PAR DES FEMMES DANS LA
PREFECTURE DU ZIO AU TOGO

 

PRESENTATION SYNOPTIQUE DU PROJET

INTITULE DU PROJET :
APPUI A LA CAISSE RURALE NONVISSI DANS LA PREFECTURE DU ZIO AU TOGO

Pays : TOGO
Région concernée par le projet : Région Maritime
Préfecture : ZIO
Secteur concerné : Micro-finance
Durée du projet : 2 ans
Date de démarrage du projet : dès le financement
Promoteur : ONG PASYD-TOGO
Personne de contact : M. AKPA Komi
Responsabilité : Directeur Exécutif
Adresses : B.P. 80447, Lomé, Togo Tél. (00228) 222 91 46 / 945 87 11
Coût total du projet : 13.930.000 FCFA
Apport local : 3.020.000 FCFA
Montant total du financement sollicité : 10.910.000 FCFA

 

INTRODUCTION

L'organisation des populations paysannes constitue l'un des problèmes majeurs de développement des populations africaines handicapées par leur fort taux d'analphabétisme. La précarité de la vie rurale relative au sous équipement en infrastructures collectives et au non - accès aux crédits est l'un des indicateurs clés de l'incapacité des populations à s'organiser par elles-mêmes pour créer les conditions nécessaires à l'amélioration de la qualité de leur vie.
Dans ce contexte, l'organisation des populations est de plus en plus comprise comme une stratégie légitime de lutte contre la pauvreté. Ainsi des organisations de développement, étatiques et non étatiques s'engagent dans l'organisation des populations en comités de développement de quartier ou de village, en groupements de production, en coopératives, en groupements d'intérêt économique etc. Le présent projet s'inscrit dans cette perspective et vise à accompagner l'initiative de mise en place d'une caisse rurale (NONVISSI) prise par un groupe de femmes de la préfecture du Zio au Togo.

 

I.CADRE-GENERAL


Le Togo est un pays de 56.600km_ situé dans la sous région de l’Afrique de l’Ouest avec une population essentiellement jeune d’environ 5.000.000 d’habitants. La vie économique est basée principalement sur l’agriculture qui occupe environ 80% de la population active. Avec un PNB de 330 $ US par habitant en 1998, le Togo fait partie des pays les plus pauvres et surtout les plus endettés du monde. Sur le plan social, la faiblesse de l’économie du pays a des répercutions directes sur la vie des populations. En effet, près des _ de la population togolaise vit en dessous du seuil de pauvreté qui est de 48.700 FCFA soit environ 70 $ US par an. Le niveau de pauvreté est encore plus élevé en milieu rural où les 35% de la population vivent en dessous du seuil de l’extrême pauvreté qui est de 35.000 FCFA soit environ 50 $ US par an. Ce faible niveau de revenu subit encore malheureusement au cours des deux dernières décennies une dégradation continue en raison des troubles socio - politiques liés à un difficile processus de démocratisation du pays ruinant considérablement le pouvoir d’achat des ménages. Ainsi la réalité de la vie sociale se déroule le plus souvent dans les justes limites de la survie sans moyens d’investissement dans l’éducation, la santé, la formation professionnelle, l’agriculture etc. qui sont pourtant des axes stratégiques clefs d’un développement durable.

 

II. CADRE INSTITUTIONNEL


Partage et Action en Synergie pour le Développement (PASYD) est une ONG issue des réformes de l’Association des Volontaires pour le Développement du Togo (AVD - Togo) dans le but de renforcer les actions de développement en faveur des populations démunies au Togo. Il œuvre dans la vision d’une ONG d’appui à l’autopromotion des communautés de base, et adopte une approche participative du développement en mettant un accent particulier sur le renforcement des capacités participatives des communautés.

Pour le compte de l’année 2001, PASYD a mené des actions concrètes suivantes :
- Micro - crédits et encadrement du groupement coopératif féminin AVEA à Lomé.
- Membre du noyau des 8 organisations de pilotage du projet IDF RIPPET appuyé par la Banque Mondiale au Togo.
- Collaboration au programme de promotion du volontariat au Togo sous l’égide du PNUD
- construction de latrines scolaires de 6 cabines à Gape - Agodokpé,
- dons de matériels scolaires à l’école Ste Monique de Lomé et aux écoles d’Agodokpé, de Hihlagbé, de Batékpo et de Tsikale dans le canton de Gapé.
- soutien scolaire en faveur des élèves de l’école Ste Monique de Lomé,
- étude d’identification de besoins de développement dans la préfecture du Zio au Togo

 

III PRESENTATION DE LA ZONE CIBLE


3.1. Données physiques


Le projet couvre la préfecture du Zio. La préfecture du Zio est située dans la Région Maritime, une des cinq régions économiques du Togo. Elle est située au nord de la préfecture du Golfe dont le chef lieu est la ville de Lomé, la capitale du Togo. Elle a une superficie de 3.200km_ et compte environ 187.000 habitants soit une densité de 58 habitants/km_.
La zone jouit d’un climat subéquatorial avec l’alternance de quatre saisons dont deux (2) saisons de pluies, une grande (mi-mars à mi-juillet) et une petite (septembre et octobre) et deux (2) saisons sèches, une grande (novembre à mi-mars) et une petite (juillet et août). Elle enregistre une précipitation moyenne de 1000 mm de pluie par an. Les sols sont ferrugineux tropicaux et hydromorphes par endroits. La végétation est formée de savanes arborées, de forêts galeries et de graminées.

 

3.2. Situation socio-économique


Les activités économiques reposent essentiellement sur l’agriculture qui occupe la quasi-totalité de la population qui est avant tout, une population rurale. Il s’agit de la production, du stockage, de la transformation et de la commercialisation des produits agricoles.
Malgré son rôle prépondérant dans l’économie, l’agriculture reste encore une agriculture d’autosubsistance pratiquée à l’aide de techniques rudimentaires. Le faible niveau d'accès aux méthodes modernes de culture laisse les paysans impuissants face à la baisse alarmante de rendement qui accentue la pauvreté dans la zone.
Les principales cultures vivrières pratiquées dans la zone sont le maïs, le manioc, l’igname, le haricot etc. Les cultures de rente sont le palmier à huile, l’arachide, et le coton.
Les différents indices socio-économiques sont inférieurs aux indices nationaux. La qualité des services sanitaires et scolaires est très faible, ce qui, à terme, constitue un facteur négatif pour un développement soutenu et durable. L’accès à l’eau potable est insuffisant dans la zone.


IV. CONTEXTE ET JUSTIFICATION


4.1. Contexte


La femme togolaise en général et la femme rurale en particulier est très dynamique dans la vie socio-économique. Elle est particulièrement active dans certains secteurs à savoir la production maraîchère, la transformation et la commercialisation des produits agricoles.

Malgré son rôle important au sein de la société, la situation de la femme en milieu paysan reste encore précaire voire critique. En effet, lésée par le droit coutumier traditionnel qui l’exclut de l’héritage foncier et limite son droit d’utilisation de la terre, marginalisée dans la gestion de la communauté et handicapée par l’analphabétisme, la femme rurale n'a souvent pas la capacité financière et les aptitudes intellectuelles nécessaires pour jouer convenablement son rôle de principal responsable des besoins nutritionnels et éducationnels de la famille.

Dans ce contexte très peu favorable à l’épanouissement de la femme, la condition féminine en milieu rural devient une préoccupation majeure pour la communauté de développement. Des ONG et des services étatiques développent des actions de sensibilisation, d’éducation, d’alphabétisation... en faveur des femmes. Des crédits sont aussi envisagés en vue de renforcer le pouvoir financier de la femme.

Cependant, les programmes de micro-crédits en cours dans la zone sont basés sur la pratique du crédit bancaire et se trouvent ainsi inadaptés aux réalités de la vie rurale et ce faisant, contribuent plus à l’endettement des bénéficiaires qu’à leur épanouissement véritable.

De leur côté, les femmes elles-mêmes s’organisent habituellement en groupes de tontine qui sont malheureusement aléatoires sans mesure de garantie pour les prêts ni moyens de répression des membres défaillants. La faiblesse organisationnelle des systèmes de tontine traditionnels, conduit la plupart du temps à leur échec.

C'est dans ce contexte caractérisé par un manque de mécanisme approprié de promotion de l'économie féminine en milieu rural qu'un groupe de femmes de la préfecture du Zio, exerçant des activités de petit commerce basé sur la transformation, la conservation, l'exportation de produits agricoles vers les villes voisines, a pris l’initiative de mettre sur pied une caisse rurale pour mobiliser l'épargne et octroyer de crédits. 4.2. Justification

Dans le contexte de la vie économique rurale actuelle du Togo, l'initiative d'une caisse créée et animée par les femmes est très pertinente. Elle répond à un besoin réel des femmes rurales, celui de l'accès au crédit. Cependant les femmes initiatrices du projet sont analphabètes, et manquent de ce fait, une capacité réelle d'organisation et de gestion d'une structure moderne de caisse. D'où la nécessité du présent projet qui vise à viabiliser l'initiative des femmes par un accompagnement sous forme de formation, de conseils et d'assistance technique. Le programme d'appui établi avec les femmes est structuré en quatre phases à savoir une phase de conception de la caisse, une phase de sensibilisation et d'organisation de la caisse, une phase de démarrage des opérations de mobilisation de l'épargne et d'octroi de crédit et une phase de renforcement des capacités.

Au jour d'aujourd'hui, un effort important est fait dans le cadre de la mise en place de ce projet. L'appui apporté aux femmes jusqu'à présent étant fait sur les moyens propres de l'ONG PASYD-Togo avec la participation des femmes, il est devenu nécessaire de solliciter un appui extérieur pour la poursuite du processus de mise en place du projet.
Le programme d'appui proposé dans le cadre de ce projet est similaire à celui que PASYD apporte depuis deux ans déjà à l'association des femmes AVEA à Lomé.

Le projet s’intègre dans les efforts nationaux de lutte contre la pauvreté multiforme et surtout sa féminisation beaucoup plus accentuée en milieu paysan.

 

V. OBJECTIFS DU PROJET

5.1. Objectif général

Le projet vise à améliorer la situation d'accès au crédit en milieu rural en accompagnant le processus de mise en place de la caisse Novissi initiée par des femmes dans la préfecture du Zio au Togo.


5.2. Objectifs spécifiques

Il s'agit de renforcer les capacités d'autogestion et les capacités opérationnelles de la caisse Novissi afin de constituer un instrument viable et efficace d'auto-promotion des femmes rurales.

 

VI. STRATEGIES DE MISE EN OEUVRE

La démarche stratégique de PASYD est basée sur l'approche participative. Dans le cadre de la mise en place de ce projet, la démarche stratégique est structurée en 4 phases où les bénéficiaires sont les principaux acteurs des actions menées. 6.1. La phase de conception du projet :
Rappelons que c'est au cours d'une étude d'identification de projets que PASYD-Togo a découvert l'initiative des femmes qui se réunissaient périodiquement en vue de créer une caisse pour mobiliser l'épargne et octroyer des crédits en milieu rural. Les femmes impliquées dans cette initiative, étant analphabètes, elles ont sollicité l'appui de l'ONG PASYD-Togo dans leurs analyses pour définir les règles de fonctionnement de la caisse. La participation de PASYD aux réunions des femmes a permis de discuter des propositions concrètes d'organisation de la caisse sur la base des pratiques tontinières des populations locales. Des systèmes traditionnels tels que adakavi, habobo, sodjodjo et yes-yes ont été ainsi analysés. Ayant fait pour la plupart l'expérience de certains programmes de micro-crédits existants dans la zone, les femmes ont opté pour la mise en place d'une structure de caisse basée sur les pratiques du système traditionnel de tontine "adakavi" en mettant un accent très important sur la réalisation de l'épargne et si possible la constitution d'un fond de crédit à partir de sa propre épargne.
Soulignons au passage que des volontaires français de l'ONG PASYD-Togo ont participé aux activités de cette phase.

 

6.2. La phase de sensibilisation et d'organisation

Le groupe de base ayant pris conscience de la nécessité de s'organiser en une caisse et ayant sollicité l'encadrement de PASYD-Togo, était constitué d'une vingtaine de femmes. Les différentes séances de travail tenues avec les femmes au cours de la phase de conception ont eu pour mérite de mieux clarifier les contours de l'initiative du groupe de base et de sensibiliser d'autres femmes au bien-fondé de cette initiative. Ainsi une centaine d'adhésions a été enregistrée à la fin du mois de juillet 2002.

Les efforts supplémentaires de sensibilisation de proximité menée par les femmes dans la localité ont permis de nouvelles adhésions. Ainsi à la date du 29 septembre où s'est tenue l'Assemblée Générale Constitutive de la caisse, le nombre de membres ayant régulièrement adhéré à la caisse était de 250 dont 40 hommes.

A l'A.G. constitutive les statuts de la caisse ont été adoptés et les organes de gestion ont été mis en place avec des membres élus parmi les bénéficiaires pour un mandat de 2 ans renouvelable une seule fois. Il s'agit de :
- le Conseil d'Administration (CA) constitué de 5 membres. Le bureau de Conseil d'Administration est composé d'une Présidente, d'un Secrétaire, d'une Trésorière et de 2 Conseillers. 3 femmes et 2 hommes font partie de ce bureau.
- le Comité de Crédit(CC) de 3 membres
- le Comité de surveillance(CS) de 2 membres.

Les membres des différents organes ne sont pas des salariés. Ils perçoivent cependant des indemnités pour leurs services rendus à la caisse.

Les organes de gestion seront appuyés par un gestionnaire qui sera recruté. L'A.G. constitutive constitue le lancement de la vie et des activités de la caisse dont le siège est fixé au quartier Dévé à Tsévié. 6.3. La phase de démarrage des opérations de la caisse

Après les phases de conception et d'organisation, les opérations de la caisse ont démarré avec les actions de mobilisation de l'épargne locale dont le montant et la fréquence sont décidés librement par l'épargnant. Il y a trois produits dans l'épargne à savoir :


Pour la gestion des opérations courantes de la caisse qui nécessite les services d'un personnel permanent, l'ONG PASYD-Togo a affecté un Gestionnaire pour appuyer la caisse en attendant le renforcement de capacités des membres du bureau et le recrutement d'un gestionnaire pour prendre la relève.

Les opérations d'octroi de crédit viseront principalement la promotion des activités génératrices de revenus. Il y aura aussi des prêts scolaires pour faciliter la scolarisation des enfants dans la zone. Les postulants aux crédits s'organisent au préalable en groupe de caution solidaire de 7 personnes pour garantir le remboursement des prêts. Le taux débiteur est de 20%. Le délai de remboursement des prêts est de 1 ans à échéance de trois mois. Tout postulant au crédit suit obligatoirement au préalable les formations dispensées sur la gestion des crédits, les notions de taux débiteur, de délai de remboursement…

Concernant la constitution d'un fond de crédit, il est prévu l'octroi de 120 crédits au cours de la première année. Pour un crédit moyen de 50.000 FCFA, les besoins en fond de crédit pour la première année s'élèvent donc 6.000.000 FCFA. La caution financière étant de 1/3, 2.000.000 CFA seront mobilisés sur le plan local. 6.4. La phase de renforcement des capacités

Les études et la sensibilisation menées pendant les phases précédentes ont permis la conception et l'organisation de la caisse. Il reste cependant à renforcer les capacités d'autogestion de la caisse de même qu'à accroître ses capacités opérationnelles. Pour ce faire, il est prévu des actions de formation, d'appui-conseil sous forme de suivi et d'évaluation. Cette phase est prévue pour deux (2) ans.

Dans cette dernière phase tout comme dans les précédentes, un accent particulier est mis sur la participation des bénéficiaires.

 

VII. ORGANISATION ET GESTION DU PROJET

Les responsabilités dans la mise en oeuvre du projet sont les suivantes :

Le gestionnaire a pour mission d'assurer la gestion des opérations courantes de la caisse à savoir la collecte de l'épargne, l'organisation des groupes de caution solidaire et la préparation des dossiers de demande de crédit. Il pourra également préparer les documents de promotion de la caisse tels que les prospectus les affiches etc. Il exercera sa mission sous l'autorité du bureau directeur élu.

Le Conseil d'Administration s'occupera des fonctions administratives de la caisse. Il est l'organe de prise de décision de la caisse. Il se réussit par trimestre et a pour compétence :
- l'approbation des plans d'actions de la caisse,
- la définition des grandes orientations des activités,
- l'approbation des dossiers de demande d'adhésion à la caisse
- la convocation des assemblées générales,
- le recrutement et la gestion du personnel.

Le Comité de crédit
analyse, approuve ou désapprouve les dossiers de demande de crédit qui lui sont soumis.

Le Comité de surveillance vérifie la régularité des opérations de la caisse.

L'ONG PASYD-Togo qui s’occupe de l'accompagnement de l'initiative du projet depuis le début assurera la formation et le suivi des activités de la caisse de même que les relations avec les partenaires.

 

VIII. LES ACTIVITES

Après les activités des phases précédentes décrites plus haut le projet se poursuit avec :


8.1. La formation

Il s'agit de préparer et d'animer des modules de formation pour les membres des organes de gestion de la caisse sur des thèmes tels que les responsabilités au sein des organes, la comptabilité simplifiée, la vie associative, etc. Les tâches afférentes à cette activité relèvent de la responsabilité de l'ONG PASYD-Togo.

8.2. Le recrutement du gestionnaire

Cette activité aura lieu en janvier 2003. Elle sera exécutée par l'ONG PASYD-Togo. Il s'agit concrètement des tâches suivantes :
- Description du poste et des critères d'éligibilité,
- Lancement de l'offre d'emploi,
- étude de dossiers pour présélection de candidats
- Interview pour sélection du candidat qui présente le meilleur profile correspondant aux exigences du poste.


8.3. Location et équipement du bureau de la caisse

Cette activité est constituée de la recherche du local, de l'aménagement du local, et des achats divers. Concernant le matériel à acheter, il s'agit de :
- un ordinateur pour gérer les opérations de caisse
- des meubles (3 tables et 8 chaises) pour le bureau
- une motocyclette pour faciliter le déplacement du gestionnaire sur le terrain.


8.4. Le suivi

Il est fait par l'ONG PASYD-Togo pendant toute la durée du projet. Il est prévu dans ce cadre une visite par mois sur le terrain. Un rapport périodique sera envoyer aux partenaires pendant la durée du projet.

8.5. L'évaluation

A la fin du projet, il sera demandé à un consultant d'évaluer le projet.

 

IX. LES BENEFICIAIRES DU PROJET


9.1. Les bénéficiaires directs

Les bénéficiaires directs du projet sont les femmes et les hommes membres ou usagers de la caisse.


9.2. Les bénéficiaires indirects

Le projet bénéficie indirectement aux femmes, hommes, enfants de la zone du projet affiliés aux bénéficiaires directs. Le projet bénéficie aussi à toute la population de la préfecture de Zio, femmes, jeunes, hommes qui sont des potentiels usagers de la caisse. Le nombre de bénéficiaires potentiels s'élèvent donc à 187 000 habitants.

 

X. LES RESULTATS ATTENDUS


Les résultats suivants sont escomptés à la fin du projet.
- les conditions d'autogestion de la caisse assurées
- les conditions d'efficacité des opérations de la caisse assurées

 

XI. IMPACT DU PROJET


Le projet vise principalement à viabiliser l'initiative de la caisse qui est un bon outil de promotion de l'économie paysanne. Le renforcement de la viabilité de la caisse aura des impacts suivants sur la vie des populations :
- promotion et le renforcement des activités productrices et commerciales,
- la croissance des revenus des paysans,
- la promotion du statut socio-économique de la femme.
- amélioration des conditions de vie LES INDICATEURS DE PERFORMANCE
Les indicateurs suivants permettront d'apprécier la performance du projet :
- La maîtrise des responsabilités au sein des organes de gestion de la caisse.
- Bureau et matériel de travail disponible.
- La croissance du nombre des adhérants
- La croissance du nombre des usagers
- La croissance du volume de crédit octroyé par an
- La croissance du volume de l'épargne mobilisée par an.

 


XII. ATOUTS ET CONTRAINTES DU MILIEU


5.1. Atouts

- Le dynamisme des femmes qui participent à tous les secteurs de la vie économique détenant même l’exclusivité des secteurs tels que le maraîchage, la transformation et la commercialisation des produits agricoles constitue un atout réel pour le développement économique et social de la zone.
- L’organisation habituelle des populations surtout les femmes en groupes informels de tontine facilitera leur adhésion à la caisse qui est initiée sur la base des pratiques traditionnelles de micro-finance dans la zone.
- L'engagement des femmes : en effet, les femmes sont elles-mêmes à l'origine de cette initiative et aujourd'hui encore beaucoup d'autres femmes de la zone adhèrent à l'initiative.
- La proximité de la zone avec Lomé de même que l’existence d’importants marchés dans la préfecture tels que le marché de Tsévié, le marché de Gapé, le marché d’Agbélouvé, favorise l’écoulement des produits et sous produits agricoles.
- La jeunesse et le dynamisme de la population constituent une force productive importante dont la bonne organisation peut constituer un atout pour la production agricole dans la zone.
- L’organisation des populations de la zone en comités villageois de développement est un facteur favorable à la participation locale au processus de développement.

5.2 Les contraintes

L'analphabétisme des femmes : Très peu de femmes ayant pris l'initiative de la caisse savent lire, écrire et compter. Ce fort taux d'analphabétisme constitue une contrainte pour le processus de transfert des connaissances par le biais de la formation. Ainsi les formations envisagées sont conçues en langue locale pour être accessible aux femmes.
La contrainte majeure au développement de la zone est la forte pression démographique qui conduit à la surexploitation des sols dont les conséquences sont l’appauvrissement de ces sols, la baisse des rendements, la pauvreté humaine, l’exode rural etc.

 

XIII. LA DUREE ET LE DEMARRAGE DU PROJET


L'appui que l'ONG PASYD apporte à l'initiative des femmes, a déjà commencé depuis l'été 2001. La phase de renforcement de capacité nécessitant l'apport extérieur durera deux ans. Elle démarrera dès le financement.

 

XIV. LE COUT DU PROJET


Les besoins de financement du projet prennent en compte le fonds de crédit, la prise en charge du gestionnaire, le coût de la formation, l'acquisition de matériels de bureau et de la motocyclette, le coût du suivi.


14.1. Le fonds de crédit

Le besoin de crédit pour l'année 2003 est de 6.000.000 FCFA. La zone étant une zone à faible niveau de revenu, l'épargne locale ne peut pas couvrir les besoins de crédit dès la première année. D'où la nécessité d'un apport extérieur de 4.000.000 FCFA, la participation des bénéficiaires étant de 2.000.000 FCFA.


14.2. La prise en charge du gestionnaire

La prise en charge du gestionnaire est de 100.000 CFA par mois. Ce qui fait : 100.000 F x 12 = 1.200.000 FCFA /an


14.3. Coût de la formation


Le coût de la formation englobe le coût du matériel de formation, les honoraires du formateur, les frais de location de la salle de formation. Quatre (4) sessions de 3 jours auront lieu par an. Le coût d'une session est de 300.000 FCFA soit 1.200.000 FCFA pour l'année.
Les bénéficiaires de la formation prendront en charge eux-mêmes leur déplacement et leur restauration. Le montant de la prise par jour et par individu est de 3.000 FCFA. Ce qui fait donc :
3.000x3jours x 10 pers x 4 sessions = 360.000 FCFA.


14.4. Le coût d'acquisition des matériels

Il est prévu l'achat du matériel informatique pour la gestion des activités de la caisse. Le prix du matériel informatique est de 900.000 FCFA.

Il est prévu aussi l'achat de 3 tables de bureau, de 10 chaises et de d'une armoire pour la protection des documents de la caisse.

Le prix de la moto de brousse est de 2.600.000 FCFA.

Tableau récapitulatif du coût du projet.

Désignations Unité Quantité P. unitaire P. total
Fond de crédit Ens. 1 6.000.000 6.000.000
Prise en charge du gestionnaire mois 12 100.000 100.000
Frais de location (bureau) mois 12 25.000 300.000
Achat du matériel informatique Ens 1 900.000 900.000
Achat de la moto moto 1 2.600.000 2.600.000
Achat de tables table 3 50.000 150.000
Achat de chaises chaise 8 10.000 80.000
Frais administratifs mois 12 45.000 540.000
Coût de formation session 4 300.000 1.200.000
Prise en charge des bénéficiaires session 4 90.000 360.000
Frais de suivi mois 12 50.000 600.000
Total       13.930.000


Répartition des coûts par source de financement :

Désignations Bénéficiaires Extérieur Total
Fond de crédit 2.000.000 4.000.000 6.000.000
Prise en charge du gestionnaire   1.200.000 1.200.000
Achat du matériel informatique   900.000 900.000
Frais de location de bureau 120.000 180.000 300.000
Achat de la moto   2.600.000 2.600.000
Achat de tables   150.000 150.000
Achat de chaises   80.000 80.000
Coût de formation 360.000 1.200.000 1.560.000
Frais administratifs 540.000   540.000
Frais de suivi   600.000 600.000
Total 3.020.000 10.910.000 13.930.000

 

CONCLUSION

Le projet de caisse rurale initié par les femmes est un outil de promotion de l'économie en milieu rural. Par ailleurs, il constitue un instrument d'amélioration des conditions des populations rurales. C'est aussi un instrument de promotion de la femme en général et celle des femmes rurales en particulier trop souvent marginalisées dans les communautés traditionnelles africaines.
Formule améliorée des pratiques traditionnelles de tontine dans les communautés du Togo, l'initiative de cette caisse répond à une aspiration réelle des femmes rurales. La vision d'autogestion à terme nécessite l'accompagnement qui fait l'objet du présent projet.


Compte d'exploitation prévisionnel de la première année
Le compte d'exploitation est établi pour trois ans. L'exploitation de la caisse est déficitaire durant les deux premières années. Pour la troisième année, l'exploitation dégage un excédent de près de quatre cent mille (400.000) FCFA. Conformément à l'esprit du projet, il est mis un accent important sur la mobilisation de l'épargne locale dont la gestion et le réinvestissement sous forme de crédits constituent les services de la caisse. Ainsi au cours de la première année, il sera mobilisé au moins 5.000.000 FCFA et au cours de la deuxième année, il sera mobilisé au moins 10.000.000 FCFA.

CHARGES PRODUITS

Charges fixes 528.000
Ordinateur (5 ans) : 900.000/5 = 180.000
Moto (8 ans ) : 2600000/ 8 = 325.000
Meubles (10 ans) : 230.000 /10 = 23.000

Charges variables 4.837.500
Salaire du Gestionnaire 1.200.000
Frais de location (bureau) 300.000

Frais administratifs 540.000
Formation 1.200.000
Entretien et réparation du matériel 360.000
Frais de suivi 600.000
Indemnités organes de gestion 500.000
Impression de 250 87.500
Frais divers 50.000

Charges totales 5.365.500

Bénéfice brut -2.725.500

Total 5.365.500


Intérêt débiteur sur les prêts
20% x 6.000.000 = 1.200.000

Frais de gestion les comptes dépôt à vue
500x4 x150 = 300.000

Vente de carnets :
600 x 250= 150.000

Parts sociales :
3.000 x 250 = 750.000

Frais d'étude de dossier
2000 x 120 = 240.000

Produit total 2.640.000


Total 5.365.500


Compte d'exploitation prévisionnel pour la deuxième année :

CHARGES PRODUITS

Charges fixes 528.000
Ordinateur (5 ans) : 900.000/5 = 180.000
Moto (8 ans ) : 2.600.000/ 8 = 325.000
Meubles (10 ans) : 230.000 /10 = 23.000

Charges variables 4.945.000
Salaire du Gestionnaire 1.200.000
Frais de location (bureau) 300.000
Frais administratifs 540.000
Formation 1.200.000
Entretien et réparation du matériel 360.000
Frais de suivi 600.000
Indemnités organes de gestion 500.000
Impression de 200 carnets 70.000
Frais divers 50.000
Intérêt sur épargne : 5.000.000 x2,5/100 = 125.000


Charges totales 5.473.000

Bénéfice brut -1.513.000

Total 5.473.000


Intérêts sur crédits
20% x 11.000.000 = 2.200.000


Frais de gestion des comptes dépôts à vue
2000 x 300 = 600.000

Vente de carnets :
600 x 200= 120.000

Parts sociales :
3000x200 = 600.000

Frais d'étude de dossier
2000 x 220 = 440.000


Produit total 3.960.000


Total 5.473.000

 

Compte d'exploitation prévisionnel pour la troisième année :

CHARGES PRODUITS

Charges fixes 528.000
Ordinateur (5 ans) : 900.000/5 = 180.000
Moto (8 ans ) : 2.600.000/ 8 = 325.000
Meubles (10 ans) : 230.000 /10 = 23.000

Charges variables 4.837.500
Salaire du Gestionnaire 1.200.000
Frais de location (bureau) 300.000
Frais administratifs 540.000
Formation 1.200.000
Entretien et réparation du matériel 360.000
Frais de suivi 600.000
Indemnités organes de gestion 500.000
Impression de 200 carnets 70.000
Frais divers 50.000
Intérêt sur épargne : 15.000.000 x 2,5 = 375.000
100


Charges totales 5.723.000


Bénéfice brut + 1.197.000


Total 6.920.000


Intérêts sur crédits
20% x 21.000.000 = 4.200.000

Frais de gestion des comptes dépôts à vue
2000 x 400 = 800.000

Vente de carnets :
600 x300 = 180.000

Parts sociales :
3000x 300 = 900.000

Frais d'étude de dossier
2000 x 420 = 840.000

 

Produit total 6.920.000


Total 6.920.000